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Les conséquences :

 

Les conséquences du stress sont très nombreuses et ne se limitent pas à ce qui apparaît évident au premier abord, notre santé. Elles concernent aussi la réussite scolaire et la performance sportive. Enfin, les répercussions économiques sont sérieuses.

 

En ce qui concerne notre santé :

Le stress chronique agit sur notre immunité, favorisant les réactions allergiques et en même temps altérant les défenses naturelles. C’est ce deuxième aspect qui explique l’influence du stress sur la survenue et/ou l’évolution de certains types d’infections (bactériennes notamment à cocci Gram + comme les staphylocoques et virales comme l’herpès), sur la survenue de certaines maladies dites « auto-immunes », et aussi, semble-t-il, sur le déclenchement et/ou l’évolution des cancers. Dans ce dernier cas, les cellules chargées de détruire les cellules mutantes seraient en moins grand nombre, or ce sont ces cellules mutantes qui sont à l’origine des tumeurs. La toxicité du stress proviendrait de l’action, néfaste sur l’immunité, du cortisol et des catécholamines (adrénaline et noradrénaline notamment).

 

Sur le site du CNRS, en date du 29 août, on peut lire un très bel éditorial du docteur Roland Jouvent, directeur de recherche au C.N.R.S., intitulé « Le stress et l'équilibre du vivant ». Dans son texte, le docteur Roland Jouvent aborde le lien entre le stress et les pathologies somatiques et notamment cancéreuses : « Citons la contribution du stress aux pathologies somatiques, y compris cancéreuses ».

 

 Selon une récente étude, menée par le docteur Carolyn Y. Fang au Fox Chase Cancer Center de Philadelphie, qui paraîtra en février 2008 dans les « Annals of Behavioral Medicine (volume 17, numéro 1) », le stress quotidien d’une femme peut influer sur sa capacité à résister à une infection au virus du papillome humain (HPV). Ce virus contracté lors d’un acte sexuel est à l’origine dans certains cas d’un cancer. Et il semblerait que le stress permanent influe sur cette évolution défavorable.

L’intérêt  de cette étude est double :

-              D’une part, il est mis en évidence que l’influence néfaste du stress chronique sur l’immunité peut favoriser ce type d’évolution ;

-              D’autre part, il est prouvé que des événements stressants majeurs mais isolés n’auraient pas de conséquences sur cette évolution alors qu’un état de stress permanent en aurait.

 

Sur le site canadien, « Psychomédia », on apprend dans un article mis en ligne le 2 mars 2008 que le fait de bloquer l’effet du stress par des médicaments adaptés lors d’une chirurgie sur une pathologie cancéreuse augmenterait le pourcentage de survie.

Le professeur Shamgar Ben-Eliyahu du département de psychologie de l'Université de Tel-Aviv a en effet publié dans la revue « Brain, Behaviour, and Immunity » le fruit d’une recherche allant dans ce sens.

Selon lui, le stress consécutif à l’intervention chirurgicale, altèrerait nos défenses immunitaires et donc nos capacités à lutter contre la pathologie maligne.

« Dans une recherche publiée en 2005, il a montré qu'en bloquant ces hormones, la quantité de métastases pouvait être réduite. Dans une recherche en cours, toujours sur un modèle animal, il a montré que bloquer l'effet de ces hormones pouvait augmenter les taux de survie de 200% à 300% ».

 

Dans un article paru sur le portail canadien « Canoë – Infos », sous la plume de Jean-Philippe Pineault, du Journal de Montréal, le rapport entre défense immunitaire et stress est abordé grâce à une interview du Professeur Alain-Steve Comtois, chercheur au Département de kinanthropologie de l'UQAM (Université du Québec à Montréal).

Le stress, nous avons déjà eu l’occasion de le dire, altère les défenses immunitaires et favorise le développement de certains virus et de certaines bactéries.

Le Professeur Alain-Steve Comtois explique que «le stress psychologique et physique affaiblit le système immunitaire» et précise « en situation de stress, la capacité des globules blancs diminue».

Profitons aussi de cet articlez pour revenir sur un autre point, l’influence néfaste sur notre immunité des entraînements excessifs.

« Les personnes qui s'entraînent physiquement de façon excessive sont elles aussi plus à risque de tomber malades en raison d'un virus. Par exemple, les athlètes qui s'entraînent pour un marathon à raison de cinq heures par jour, six jours par semaine se placent dans une situation vulnérable ».

En revanche, une activité physique modérée est bénéfique, y compris pour notre immunité.

 

Le stress chronique a également des effets délétères sur notre coeur et nos vaisseaux. Il favorise l’hypertension artérielle,  les lésions vasculaires et donc l’infarctus, l’angine de poitrine, l’anévrisme, les accidents vasculaires cérébraux… Ces effets seraient en rapport avec la libération de catécholamines (adrénaline et noradrénaline notamment), de cortisol et d’aldostérone.

 

Une nouvelle étude, portant sur 10 300 fonctionnaires britanniques suivis pendant 12 ans, publiée par la Société européenne de cardiologie, confirme les conclusions d’études antérieures sur la toxicité du stress au niveau cardiaque. Ainsi, il est prouvé que le risque de maladie cardiaque est multiplié par deux chez les patients victimes d’un stress chronique.

 

 

Selon un article paru sur le site du « Nouvel Observateur », le 30 mars 2008, une étude menée par le Dr Yinong Young-Xu de la Lown Cardiovascular Research Foundation dans le Massachusetts, montre que « les personnes très anxieuses atteintes de maladies cardiovasculaires ont un risque presque double de subir une attaque cardiaque ou de décéder comparativement à celles prenant la vie avec une plus grande sérénité ».

Le dr Young-Xu en profite pour rappeler que des études ont déjà « lié le stress psychologique… à la progression de l'athérosclérose, au développement de thrombose et à un risque accru d'arythmie cardiaque ».

Il est également précisé qu’une étude « parue en juillet 2007 dans le Journal of The American Medical Association (JAMA) montre aussi qu'un niveau élevé chronique de catécholamines, composés organiques,… comme l'adrénaline, augmentent avec le stress ».
Or, « une teneur élevé de catécholamines contribue à accroître le taux de cholestérol et de sucre
dans le sang, et fait monter la tension artérielle».

 

L’action de ce fléau sur les troubles musculo-squelettiques est également admise. Dans le cas de l’arthrose, il semblerait que les lésions proviennent de la compétition entre deux hormones libérées en cas de stress : le cortisol et l’aldostérone; la première étant plutôt anti-inflammatoire et la deuxième plutôt pro-inflammatoire. Le stress chronique est aussi à l’origine de contractures en raison de la stimulation de récepteurs au stress (Bêta) qui se trouvent dans nos muscles; des récepteurs stimulés par les catécholamines.

 

Dans un article paru le 30 novembre sur le site « lexpress.mu » intitulé « quand on a du stress sur le dos », le lien entre le stress et les douleurs rachidiennes  est une nouvelle fois abordé. Le Dr Geeaneswar Gaya, psychiatre, dit qu’il existe une « relation directe ». Il en explique la raison : «Quand on est stressé, les muscles se contractent. Il est naturel que le dos, le cou en pâtisse ».

 

On pourrait aussi citer l’influence du stress sur les ulcères gastriques, si bien admise qu’on parle maintenant dans certains cas d’ulcères de stress, ces ulcères étant favorisés par l’hyperacidité et le resserrement des vaisseaux irrigant la paroi de l’estomac. Sans aller jusqu’à l’ulcère, le stress peut favoriser l’agression de la muqueuse gastrique, produisant son inflammation et réalisant une gastrite.

Dans « lexpress.mu » du 14 juillet 2007, le docteur Zouberr Joomaye, spécialiste en médecine interne et gastro-entérologue, évoque l’influence du stress sur les troubles oesogastriques.

 

On pourrait également parler des troubles menstruels induits par le stress notamment en raison de son  influence sur les hormones sexuelles.

Selon une recherche de Bernard Cassou et de ses collègues (INSERM), publiée dans l’American journal of Epidemiology, le stress au travail peut avancer l'âge de survenue naturelle de la ménopause.

 

Bien d’autres maladies sont induites ou favorisées par le stress comme certaines colopathies, le diabète, des troubles respiratoires, des insomnies et de graves problèmes moraux comme les dépressions pouvant aller jusqu’au suicide. Sur ce dernier point, il convient de remarquer qu’ils sont d’autant plus sévères que l’on a l’impression de ne pas pouvoir échapper aux causes du stress.

 

Le 13 février, dans « Les Echos », un article sur les dépressions est intitulé : « La dépression, nouveau « mal du siècle ». L’influence du stress dans la genèse de certaines dépressions y est abordée : « Sous la pression du stress, les neuropsychiatres estiment qu'environ une personne sur cinq connaîtra au moins un épisode dépressif dans sa vie ».

 

Le 7 mars, on peut lire sur le site belge « e-sante.be » que, « chez les travailleurs stressés, le risque de développer un diabète est multiplié par deux ».

 

Le 14 mars 2007, on apprend que, selon Christian Larose, vice-président du Conseil économique et social « entre 300 et 400 suicides par an sont imputables au stress dans le monde du travail » en France.

 

Le 2 juillet 2007, on apprend dans "Fox News" que des chercheurs américains - le Pr. Zofia Zukowska, chef du département Physiologie et Biophysique, au Centre médical de l’Université Georgetown (Washington) et le docteur Stephen Baker, professeur associé de chirurgie plastique au Georgetown University Hospital - ont découvert un lien entre le stress et l’obésité.

Nous savons que lorsque l’on est victime de stress chronique, on libère notamment du cortisol (notre cortisone naturelle) qui stimulerait un neurotransmetteur (neuropeptide Y ou NPY) et un récepteur (récepteur neuropeptide Y2 ou Y2R). La stimulation de ce neurotransmetteur et de ce récepteur conduirait à une obésité androïde (stockage des graisses sur l’abdomen) et au syndrome métabolique chez l’homme. Le syndrome métabolique est grave et conduit au développement de l’athérosclérose, c’est à dire au développement de plaques d’athérome dans les artères susceptibles de les obstruer. Ce syndrome comprend notamment la diminution de la tolérance au glucose, la dyslipidémie, l’hypertension, l’hyperuricémie, l’hyper coagulabilité…

 

Le journal « Le Monde » du 22 août 2007 consacre un article à une étude réalisée par Maria Melchior, du Medical Research Council (de Londres) et de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiée en août dans le mensuel britannique Psychological Medicine.

La conclusion de cette étude est sans appel : « Il apparaît ainsi que le stress au travail précipite la survenue de troubles psychiatriques chez des individus auparavant en bonne santé".  

 

Sur le site de L’Expansion, le 7 novembre, un article intitulé « Quels sont les facteurs d’insomnie ? »  aborde l’influence néfaste du stress sur le sommeil. Le stress « génère un état d’hyperéveil. La personne passe dans un fonctionnement où elle est constamment en alerte, en situation de qui vive, qui peut déborder sur la nuit. Affecté par le stress, le sommeil se morcelle, à l’instar des animaux chassés de la savane qui vont dormir par fractions tout au long des 24 heures. Les antilopes, par exemple, proies des lions qui dorment à proximité, ne vont jamais se permettre de dormir plusieurs heures de suite. Car elles s’adaptent à une situation de danger perpétuel ».

 

Selon un article paru sur le site du « Figaro », le 1er septembre 2008, un stress très important, comme une catastrophe naturelle, une attaque terroriste ou un deuil soudain, survenant chez la maman durant le deuxième mois de grossesse, augmenterait de manière significative le risque de donner naissance à un enfant qui développera une schizophrénie à l’adolescence, risque d’autant plus important que le sexe du fœtus est féminin. C’est ce que démontre une étude publiée le 21 août dans le journal BioMed Central Psychiatry.

 

                                                  

 

Au sujet de la réussite scolaire :

 

Le stress, soit seul s’il est très important, soit associé à un trouble de l’apprentissage mineur s’il est plus modéré, peut faire échouer un enfant tout à fait intelligent.

Le stress sévère altère très vite l’état moral du jeune et, en diminuant son envie de réussir, rend son échec très facile. Cette forme n’est pas cependant la plus sournoise car les variations sont souvent brutales et attirent alors l’attention.

La forme la plus perverse est la deuxième où un niveau de stress modéré aide à échouer un enfant qui avait déjà quelques petits problèmes d’apprentissage mais qui, dans une atmosphère sereine, aurait très pu très bien réussir.

 

Sur le site de « Futura-Sciences », le 10 octobre, un article de Jean Etienne aborde, suite à une étude menée par une équipe de chercheurs de l'Université de Dalian (Chine) et d'Orégon (Etats-Unis), l’influence entre le niveau de stress et la performance intellectuelle. Il s’avère que lorsqu’on diminue le niveau de stress d’étudiants - par la méditation dans le cas de l’étude -  on «   améliore le rendement émotif et cognitif  » de ceux-ci. On a aussi montré que, dans cette même situation, chez ces étudiants, «  la prédisposition à la fatigue et à la colère, ainsi qu'à l'inquiétude et à la dépression  » diminue.

 

                                                                

La performance sportive :

 

Le stress chronique ne permet pas à un sportif de haut niveau d’avoir la sérénité nécessaire pour se concentrer sur ses objectifs. Mais, en plus, il provoque des déséquilibres hormonaux (baisse des hormones sexuelles et augmentation du cortisol) qui sont identiques à ceux induits par la pratique d’une activité sportive intense. Le taux d’hormone sexuelle chutant, la volonté de vaincre s’altère et les résultats deviennent impossibles. C’est le souhait de corriger ces déséquilibres hormonaux qui est à l’origine de certaines formes de dopage notamment avec des injections d’hormones sexuelles.

 

                                              

Les répercussions économiques :

 

On se limitera ici à rappeler quelques chiffres hautement évocateurs des conséquences financières du stress sur les sociétés des grands États.

En France, le coût du stress lié à l’activité professionnelle est estimé par la C.G.C. à 51 milliards d’euros.

Au Royaume Uni, le coût global du stress est évalué à 160 milliards de dollars.

 

Conséquences du stress